Novi Sad (Serbie) le 25 aout,
300 000 habitants, 2eme ville de Serbie en bordure du Danube, cette cite industrielle et culturelle fut une des cibles des frappes aeriennes de l'OTAN (1999) pour contraindre Milosevitc a stopper ses attaques contre la majorite albanaise du Kosovo.
10 ans apres, nous pouvons voir les resultats de la "punition" : 3 ponts, 1 raffinerie et l'immeuble de la TV sont encore "au tapis"...Bien sur l'evocation de ces actions semble avoir plutot renforce le nationalisme que le rejet de Milosevitc. Est-ce la l'explication de ces regards fiers, voire arrogants, cette amertume voire ce ressentiment souvent lus sur le visage des Serbes observes depuis notre passage de la frontiere ?...
Malaise ambiant dans un environnement austere et triste qui nous a rappele la Roumanie ; quel decalage par rapport a la Croatie, quel spectacle ces depots de sacs poubelle en bourdure de cette belle route du Danube: on y met parfois le feu ou bien plus tard la prochaine crue du Danube fera le nettoyage.
Nous avons voulu voir cette Slavonie croate et cette Voivodine serbe pour constater 17 ans apres la battaille de Vukovar les consequences de ces affrontements de nationalismes (bien sur termines "puisqu'on n'en parle plus a la TV")...
Tout est bien "dans le sens de l'histoire" : a Vukovar - qui a perdu 50% de sa population - maisons eventrees et meme les dallages des trottoirs sont encore cribles d'impacts de balles ; le chateau d'eau perfore de tous d'obus sert de memorial "against war". Dans la campagne, de nombreux champs sont interdits d'acces par des panneaux signalant les terrains encore mines ... mais les drapeaux flottent au vent, les poings se levent en parlant de "son pays" ; la pauvrete est bien visible en campagne et en peripherie des villes (les factures de la guerre ne sont pas apurees...) et les nationalismes semblent toujours faire recette en cette marmite des Balkans...
Ajouter a cela la rencontre decevante de la responsble de Servas Croatie et vous comprendrez notre coup de bluzz en traversant ces pays pourtant si attachants.
Annecdote pour detendre :
Lors de notre arrivee a Zagreb - un dimanche apres midi - traversee de la ville en slalomant autour des maxi rails de tramway, chaleur suffoquante, bureau de tourisme ferme depuis 1 heure ! Alors nous nous referons a notre carte pour trouver l'unique camping de la capitale : bien sur, banlieue sud a l'oppose. Les fausses routes, les indications divergentes, succedent aux chausses poussiereuses...les km s'accumulent et, au point prevu, "niema camping" ...personne n'en a eu connaissance dans cette zone entre chantiers et hotels 3 etoiles. La fatigue aidant, nous demarrons le porte-a-porte pour trouver une chambre chez l'habitant. Enfin, Edith avise une pancarde portant 5 ou 6 mots en croate dont nous ne comprenons rien...c'est bon signe...Edith la sent bien, cette chambre. Elle pose le velo et se lance en contournant meme au passage le chien aboyant (c'est dire la determination !) ; dialogue apparemment sterile avec les proprietaires malgre force gestes...impasse jusqu'a l'arrivee de la petite fille balbutiant l'anglais...traduction de l'affiche "porcelets a vendre"...epuises, nous terminons dans le 3 etoiles le plus proche, en negociant le tarif propose "sans facture" par le boss.
Demain, nous amorcant le retour qui ne sera pas simple, entre velo, train, voiture, ferries.
Merci encore pour vos messages
Bernard et Edith